Quel avenir pour l’immobilier d’entreprise post-covid ?

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02/02/2021
Marché de l'immobilier

 

La nouvelle année commence tout juste après une année 2020 bouleversée par le Covid-19. Tous les acteurs de l’immobilier se préparent à l’après, tout en sachant que rien ne sera plus comme avant.

Le coup de frein imposé par la crise sanitaire fait peu d’exceptions, et l’immobilier d’entreprise n’en fait pas partie. Lui aussi est touché par un recul de l’activité. Mais ce sont aussi les évolutions de l’organisation du travail à moyen et long terme qui risquent de bousculer ce type d’immobilier.

En 2021, le marché immobilier pourrait être dominé par les changements structurels lourds engendrés par la crise du coronavirus.

Quelles perspectives pour l’immobilier commercial à court et moyen terme ? Le Covid est-il en train de révolutionner l’immobilier d’entreprise ? Les attentes des professionnels du secteur ont-elles évolué ? Si oui, cette transformation s’inscrira-t-elle dans la durée ?

Le télétravail change la donne

Les conséquences de la pandémie de coronavirus ne se limitent pas à la période du confinement. Cet évènement a en effet chamboulé les process et peut-être dessiné l’organisation de demain. On pense bien entendu au télétravail, généralisé dans les bureaux pour assurer la continuité de l’activité. Près d’un tiers des actifs s’y est essayé durant le confinement et ils sont quatre sur dix à souhaiter poursuivre l’expérience de manière ponctuelle ou permanente d’après une enquête OpinionWay pour Les Echos. Le télétravail est perçu comme un levier important dans l’équilibre vie privée/vie professionnelle et un atout pour la marque employeur. Mais il suppose une réorganisation des bureaux, et donc du changement pour l’immobilier d’entreprise

Après la crise, 68% des entreprises prévoient de généraliser le télétravail (plus de jours, plus de collaborateurs). Avant la crise, seules 23% avaient déjà l’habitude d’un télétravail régulier. 

Un rendement en baisse cette année

Il est réputé plus rentable que l’investissement d’habitation, l’immobilier d’entreprise est plus souple en termes de gestion, plus rémunérateur grâce à un rendement supérieur de 2 à 3%. Mais il n’est pas moins concerné par la crise sanitaire avec la fermeture forcée des bureaux, usines et commerces depuis le 17 mars. Malgré les aides gouvernementales, l’absence de chiffre d’affaires peut entraîner un retard dans le paiement des loyers voire une défaillance de l’entreprise, menace qui plane sur l’économie française post-Covid-19. Avec des conséquences pour les investisseurs, souvent des particuliers qui ont placé leur argent ou souscrit un crédit immobilier pour acquérir des parts de SCPI. Les entreprises vont devoir modifier leur stratégie immobilière ; Les besoins de m² de bureaux devraient être moindres. Le marché de l’immobilier de bureaux devrait souffrir ; Les loyers et les prix de vente devront mécaniquement s’ajuster à la baisse. En 2021, il ne sera pas bon d’être propriétaire d’immeuble de bureaux ou de SCPI. Pour ce qui est des commerces, c’est compliqué aussi. « La crise les a poussés à revoir leurs budgets à la baisse et les ¾ d’entre eux redoutent des restrictions dans l’obtention d’un prêt bancaire » et cela alors même qu’ils sont « 81 % à avoir besoin de décrocher un crédit pour mener à bien leurs projets ». Enfin en ce qui concerne les investisseurs, l’impact de la crise dans la durée ne fait pas de doute : 74% déclarent qu’il faudra plus de 6 mois post-confinement pour que le marché locatif retrouve un fonctionnement normal et 68% en ce qui concerne le marché de l’investissement.

Une adaptation nécessaire des bureaux

Non, les buildings de La Défense ne sont pas menacés d’abandon. Mais sans doute devront-ils s’adapter à une nouvelle approche du travail, avec moins d’open space. « Pour le même nombre de collaborateurs, on a besoin de moins de postes de travail, donc la taille même des bâtiments des entreprises devrait être réduite de façon assez sensible » a déclaré Philippe Morel, spécialiste de l’aménagement de bureaux, au micro d’Europe 1. « Demain, il y aura sans doute beaucoup moins de mètres carrés utilisés, mais beaucoup plus d’agréments pour les utilisateurs, avec des espaces à deux ou à trois pour travailler de façon ouverte ou confidentielle, des espaces calmes, ou encore des ‘phone box’. » Pour les gestionnaires qui pilotent les SCPI, cela va nécessiter de l’adaptation avec des travaux ou la construction de bâtiments adaptés.