​Borne de recharge IRVE : qualifier ses sites avant de prospecter

Installer une borne de recharge IRVE conforme, ce n’est qu’une partie du problème. En effet, pour un opérateur ou un développeur foncier, la vraie question stratégique se situe bien en amont de la pose du matériel : où implanter l’infrastructure pour garantir sa rentabilité ?

comment qualifier les sites avant d'implanter des bornes de recharge IRVE

Sommaire

Installer une borne de recharge IRVE conforme, ce n’est qu’une partie du problème. En effet, pour un opérateur ou un développeur foncier, la vraie question stratégique se situe bien en amont de la pose du matériel : où implanter l’infrastructure pour garantir sa rentabilité ? La question cruciale n’est plus seulement de savoir comment installer. Il faut désormais savoir où implanter l’infrastructure, pour garantir sa rentabilité et sa pertinence. D’un côté, un particulier équipe son garage selon des besoins domestiques simples. De l’autre côté, les professionnels de l’expansion immobilière doivent jongler avec des contraintes logistiques bien plus complexes. Ils gèrent notamment des flux, un maillage territorial et un potentiel commercial. Par conséquent, qualifier ses sites devient une étape indispensable avant de lancer une prospection foncière. C’est précisément ce qui permet de transformer un simple point de charge en un actif immobilier performant et durable.

Pourquoi le bon emplacement compte autant que la conformité technique ?

En effet, l’emplacement compte tout autant que la conformité technique, car l’usage réel de la borne va déterminer si l’infrastructure sera effectivement utilisée et rentable. En revanche, la conformité garantit uniquement la mise en service en toute sécurité. Ainsi, un site parfaitement raccordable mais mal placé reste inévitablement sous-exploité.

Au-delà des aspects purement techniques, l’emplacement s’avère donc stratégique sur plusieurs points :

  • le taux d’usage et de rentabilité : une borne qui est bien placée se remplit plus souvent, ce qui amortit l’investissement et justifie la puissance installée.
  • accessibilité et inclusion : la réglementation impose que certains points de recharge soient sur des emplacements dimensionnés pour les personnes à mobilité réduite.
  • évolutivité et coûts : l’emplacement influe directement sur la longueur des câbles, le génie civil, ainsi que sur la proximité du tableau général basse tension ou du point de livraison.

Les briques d’informations qui permettent de qualifier un site avant de prospecter

Pour réussir le déploiement d’un réseau de bornes de recharge sans disperser ses ressources sur le terrain, accumuler des couches d’informations brutes ne suffit pas. L’enjeu majeur réside plutôt dans la capacité à recombiner ces briques de données hétérogènes. Cela permet d’éclairer directement les arbitrages métiers, notamment la sécurisation foncière, l’évaluation de la faisabilité technique, la veille concurrentielle et la rentabilité commerciale.

Sur la plateforme Telescop, cette approche s’articule autour de six grandes familles de données interconnectées :

  • Réseaux et infrastructures électriques : postes sources, lignes aériennes et souterraines, environnement du raccordement, pour préfiltrer les sites accessibles, avant toute étude technique approfondie.
  • Infrastructure de recharge et concurrence : état des lieux des bornes existantes et des opérateurs déjà positionnés sur une zone de chalandise.
  • Données foncières administratives : propriétaires, permis de construire et leur historique, pour identifier les bons interlocuteurs et anticiper les mouvements concurrents.
  • Trafic et flux : comptages publics et privés pour valider le potentiel de passage réel d’un site.
  • Territoires et activités : tissu économique local, patrimoine et partenariats d’enseignes, contraintes d’urbanisme.
  • Spécificités poids lourds : corridors logistiques, dépôts de flottes, corrélation foncier/puissance pour les projets de recharge très haute puissance.

Toutefois, la vraie valeur d’un outil comme Telescop ne tient pas à la simple accumulation de ces couches, mais bien à leur combinaison selon l’objectif poursuivi. Par exemple, il est possible de croiser un poste source avec une parcelle commerciale sous-exploitée pour éliminer d’emblée les sites hors budget. De plus, superposer un portefeuille de propriétaires aux zones blanches en bornes permet de préparer efficacement un partenariat. Enfin, croiser l’historique des permis avec les grands axes aide à anticiper une préemption concurrentielle.

Tout ce qu’il faut savoir sur les bornes IRVE en 2026

Qu’est-ce-qu’une borne de recharge IRVE ?

Définition IRVE : comprendre les enjeux du terme

L’acronyme IRVE désigne les Infrastructures de Recharge pour Véhicules Électriques. Loin de se limiter au simple boîtier physique fixé sur un mur ou sur un socle, l’IRVE englobe l’ensemble des équipements techniques et des aménagements nécessaires à l’alimentation d’un véhicule électrifié ou hybride rechargeable :

  • les points de recharge (bornes, socles de prise) ;
  • les lignes électriques dédiées et le câblage d’alimentation ;
  • les coffrets et dispositifs de protection électrique (disjoncteurs, différentiels) ;
  • les systèmes de gestion, de pilotage énergétique et de communication associés.

Sur le plan juridique et réglementaire, le terme IRVE fait également référence à la qualification professionnelle obligatoire (délivrée notamment par des organismes tels que Qualifelec ou l’AFNOR) imposée par le décret du 12 janvier 2017 pour toute pose d’une infrastructure de charge d’une puissance supérieure à 3,7 kW.

Norme NF C 15-100 et borne de recharge : les exigences techniques fondamentales

En France, la norme NF C 15-100 régit strictement les installations électriques en basse tension. Cela concerne leur conception, leur mise en œuvre et leur sécurité. De surcroît, une déclinaison spécifique existe pour les bornes de recharge : la NF C 15-100-7-722. Pour tout projet d’installation de borne, cette norme impose des règles strictes. Ces règles visent à protéger les usagers et à assurer la pérennité du réseau :

  • Un circuit dédié par point de charge : chaque borne ou prise renforcée doit posséder sa propre ligne d’alimentation directe depuis le tableau de distribution. Elle ne doit donc avoir aucune dérivation, ni aucun partage avec d’autres équipements du bâtiment.
  • Une protection différentielle adaptée : l’installation impose un disjoncteur différentiel à haute sensibilité (30 mA), généralement de type A ou de type F. Ce disjoncteur est par ailleurs couplé à une détection des courants continus de fuite supérieurs à 6 mA, afin de couper instantanément le courant en cas d’anomalie.
  • Un dimensionnement rigoureux de la ligne : la section des conducteurs en cuivre doit être précisément calculée selon deux éléments majeurs. D’une part, la puissance maximale de la borne (de 7,4 kW en monophasé à 22 kW ou davantage en triphasé). D’autre part, la distance séparant le tableau du point de livraison. Cela permet ainsi de limiter toute chute de tension.
  • La conformité des prises et des matériels : l’utilisation d’une prise de type T2S (munie d’obturateurs de sécurité) est requise pour les installations en courant alternatif. En outre, elle doit impérativement être associée à une prise de terre conforme (résistance inférieure à 100 ohms).
  • Le contrôle et la conformité : l’obtention d’une attestation de conformité visée par le Consuel est obligatoire pour valider la mise en service. Cette démarche s’applique dès lors que les travaux modifient de façon substantielle l’installation, ou impliquent des puissances significatives.

Quelle est la puissance d’une borne IRVE ?

Le choix de la puissance d’une borne IRVE ne relève pas uniquement d’une préférence technique. En effet, il dépend directement de trois facteurs : le temps de stationnement disponible, l’infrastructure électrique existante et le profil des usagers. Entre le raccordement monophasé et le triphasé, trois puissances standards structurent aujourd’hui le marché. Elles correspondent à différents cas d’usage : le 7,4 kW, le 11 kW et le 22 kW.

Borne de recharge 7.4 kW monophasé : la référence pour la recharge à domicile

La borne de recharge 7,4 kW monophasé (32 A) constitue la solution la plus répandue. Elle est ainsi privilégiée pour l’habitat individuel et les copropriétés. En effet, elle s’intègre parfaitement aux réseaux électriques domestiques français, majoritairement configurés en monophasé. Cela évite donc des travaux lourds, comme la modification du compteur ou de l’abonnement auprès du gestionnaire de réseau.

  • Usage principal : recharge à domicile durant la nuit ou lors des heures creuses.
  • Performances : elle permet de récupérer environ 40 à 50 km d’autonomie par heure de charge, ce qui assure une recharge complète de la batterie en 6 à 8 heures selon les modèles de véhicules électriques ou hybrides rechargeables.
  • Avantages : excellent rapport coût/performance, compatibilité universelle avec le chargeur embarqué de l’ensemble des véhicules du marché, et absence d’obligation d’équilibrage de phases.

Borne de recharge 11 kW triphasé : l’équilibre idéal pour les flottes et l’entreprise

La borne de recharge 11 kW triphasé (16 A par phase) s’impose comme le standard privilégié sur les parkings d’entreprises, les bâtiments tertiaires et pour les flottes professionnelles stationnées sur des demi-journées. Contrairement au 7,4 kW, elle requiert néanmoins une alimentation électrique triphasée, standard habituel des sites tertiaires et industriels.

  • Usage principal : parkings de bureaux pour les salariés, flottes d’entreprise en dépôt et copropriétés disposant d’une infrastructure collective mutualisée.
  • Performances : elle délivre entre 60 et 75 km d’autonomie par heure, permettant ainsi de refaire le plein complet d’une batterie moyenne (50 à 60 kWh) en environ 4 à 5 heures.
  • Avantages : sollicitation modérée de l’intensité sur chaque phase (16 A), facilitant le déploiement de plusieurs points de recharge en grappe avec un pilotage énergétique dynamique sans saturer la puissance souscrite globale.

Borne de recharge 22 kW triphasé : l’accélération pour les commerces et l’itinérance

La borne de recharge 22 kW triphasé (32 A par phase) représente la puissance maximale délivrable en courant alternatif (AC). Elle cible en priorité les sites accueillant des véhicules pour une courte ou moyenne durée, où une rotation rapide sur la place de stationnement est recherchée.

  • Usage principal : parkings de supermarchés, zones commerciales, pôles hôteliers, voirie publique et hubs d’itinérance urbaine.
  • Performances : elle autorise une recharge complète en 1h30 à 3 heures pour les véhicules équipés d’un chargeur embarqué AC de 22 kW (comme la Renault Zoé ou certaines finitions haut de gamme), offrant un gain appréciable de 100 à 120 km par heure de branchement.
  • Points de vigilance : la vitesse réelle reste toutefois bridée par la capacité maximale acceptée par la voiture. Une large majorité de véhicules électriques grand public intègre en effet un convertisseur interne limité à 11 kW en AC ; sur une borne de 22 kW, ces derniers ne chargeront donc qu’à 11 kW. C’est pourquoi, pour l’itinérance autoroutière ou les arrêts très courts, les opérateurs s’orientent plutôt vers des bornes de recharge rapide en courant continu (DC) dépassant les 50 kW.

Quelle est la réglementation concernant les bornes IRVE ?

Le cadre général : la loi LOM (Loi LOM borne de recharge, Réglementation borne de recharge véhicule électrique particulier)

Promulguée en décembre 2019, la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) constitue le socle législatif de la transition vers la mobilité propre en France. Son objectif central est notamment de lever les freins au déploiement de la recharge électrique à grande échelle. Pour cela, elle impose un calendrier progressif d’équipement, aussi bien pour les bâtiments neufs que pour les parcs immobiliers existants. La loi LOM transforme ainsi le stationnement en véritable vecteur d’électrification. De ce fait, elle fixe des obligations claires de dimensionnement électrique pour les gestionnaires d’actifs, les employeurs et les promoteurs.

Sur le plan de l’habitat individuel, la réglementation encadre rigoureusement la sécurité et la traçabilité des travaux. Conformément au décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017, le recours à un électricien certifié IRVE est obligatoire dès que la puissance de charge excède 3,7 kW. Au-delà des critères techniques de la norme NF C 15-100, la réglementation impose également l’obtention d’une attestation de conformité délivrée par le Consuel lors de travaux significatifs. Cette attestation est indispensable pour trois raisons : garantir le bon fonctionnement de l’installation, faire valoir ses garanties d’assurance, et prétendre aux aides publiques comme le crédit d’impôt ou la TVA à taux réduit.

Obligations en copropriété (Obligation borne de recharge copropriété, Pré-équipement IRVE)

En habitat collectif, l’obligation d’installer des bornes de recharge s’articule autour de deux axes : la simplification des droits individuels, et la préparation des infrastructures communes. Dans les immeubles existants, la loi LOM renforce le droit à la prise, instauré en 2011 et étendu par le décret de décembre 2020. Tout occupant, propriétaire ou locataire, peut ainsi faire installer une borne à ses frais sur son emplacement privatif, en notifiant simplement son projet au syndic.

Pour cela, il fait appel à un électricien IRVE qualifié, chargé d’adapter le mode de charge aux besoins du véhicule tout en respectant les normes de sécurité. Le syndic ne dispose que de trois mois pour s’y opposer, et uniquement pour un motif sérieux et légitime, comme des travaux collectifs déjà programmés pour le parking. Parallèlement, la loi LOM et la loi Climat et Résilience obligent les syndics à inscrire systématiquement cette question à l’ordre du jour de l’assemblée générale.

Pour les bâtiments neufs ou en rénovation importante (coût atteignant 25 % de la valeur du bâti), le pré-équipement IRVE est devenu incontournable. Depuis le 11 mars 2021, les permis de construire des immeubles collectifs de plus de 10 places imposent un pré-équipement sur 100 % des emplacements. Ce statut ne nécessite pas l’achat immédiat de bornes murales : il consiste à réserver la puissance maximale nécessaire au TGBT, et à poser les fourreaux, chemins de câbles et conduits techniques adéquats.

Ainsi, chaque point de charge pourra être raccordé en courant alternatif sans reprise lourde du gros œuvre. Plusieurs leviers permettent d’amortir le coût de l’infrastructure : l’intervention d’un professionnel certifié IRVE, l’appui d’Enedis, et les aides financières comme la prime Advenir. Ces mécanismes facilitent le raccordement au réseau, sans reste à charge excessif pour les résidents.

Obligations pour les entreprises et parkings (Obligation borne de recharge entreprise, Réglementation parking borne de recharge, Réglementation IRVE parking souterrain)

Pour le secteur tertiaire, commercial et industriel, une étape décisive a été franchie le 1er janvier 2025 en vertu de l’article L. 113-13 du Code de la construction et de l’habitation. Désormais, tout parking non résidentiel de plus de 20 emplacements doit comporter au moins un point de recharge par tranche de 20 places. De surcroît, pour les parcs de plus de 200 places, au moins un emplacement doit être obligatoirement accessible aux personnes à mobilité réduite (PMR).

En parallèle, pour les bâtiments neufs ou en rénovation importante dont le permis a été déposé après le 11 mars 2021, la loi LOM impose un pré-équipement d’au moins 20 % des places. Cette mesure facilite grandement une installation future sans lourds travaux, garantissant ainsi une montée en charge progressive du site.

Par ailleurs, la réglementation vise à organiser des infrastructures pérennes, supervisables et hautement sécurisées. C’est pourquoi les exploitants doivent déployer des bornes communicantes pour piloter l’énergie, éviter la saturation du réseau et permettre une tarification précise. De même, la puissance souscrite doit être dimensionnée selon les besoins spécifiques des véhicules électriques et hybrides. Le non-respect de ces obligations expose d’ailleurs les gestionnaires à des sanctions pouvant atteindre 7 500 € par an. Ce jusqu’à complète régularisation.

Enfin, en parking souterrain, des normes de sécurité incendie particulièrement strictes s’appliquent dans le cadre de la norme NF C 15-100. Elles exigent notamment une coupure d’urgence générale, une ventilation adaptée ainsi qu’une sectorisation coupe-feu. Par conséquent, l’intervention d’un installateur certifié et l’obtention d’une attestation de conformité du Consuel demeurent indispensables. Pour les parkings de plus de 50 places, une étude de conception électrique préalable est également requise, garantissant à la fois la sécurité globale de l’ouvrage et l’accès aux aides financières telles que la prime Advenir.

Vous souhaitez tester notre solution de prospection immobilière ?

Réservez une démo dès maintenant pour découvrir comment détecter de nouvelles opportunités immobilières sur votre secteur et développer votre activité.