Dark Stores : la solution idéale de logistique urbaine ?

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07/12/2021
Immobilier commercial

L’essor frappant du e-commerce a amené de nouveaux acteurs sur le marché : les dark stores, ces supermarchés sans clients qui ont la fonctionnalité d’un entrepôt mais l’organisation d’un magasin.

Le « quick-commerce » est une tendance qui est née pendant le confinement. Une promesse de livraison de paniers de courses à domicile en moins de 15 minutes,  c’est ce que plusieurs start-up se sont engagées à faire pour répondre à une forte demande des populations en centres-villes. C’est de là que vient la naissance des dark stores.

Si ce nom vous est familier, c’est sûrement grâce aux dark kitchens ; des cuisines de restaurations sans clients qui ont explosé elles aussi durant le confinement, suite à la fermeture physique des restaurants. Avec l’avènement du shopping en ligne, le « quick commerce » a séduit les acteurs traditionnels de la grande distribution, c’est ainsi que pleins de nouvelles petites entreprises sont nées : Getir, Flink, Gorilla, Cajoo, Dija…

Comment se présentent ces dark stores ?

Ces supérettes fantômes poussent comme des champignons dans les grands centres-villes. Comment les reconnaître ?

Les dark stores sont des centres de logistiques avec une surface entre 200 et 800 mètres carrés, qui sont la plupart du temps situés en pieds d’immeubles assimilés à des commerces qui n’ouvrent pas leurs portes et n’accueillent aucun client, ou bien en sous-sols. Présentés comme de réels magasins, on pourrait facilement confondre les rayons des dark stores avec ceux des supermarchés classiques.

À Paris dans le 13ème arrondissement, Monoprix a ouvert son propre dark store et prépare quotidiennement des commandes à des dizaines de mètres sous terre. L’unique client que Monoprix accueille dans son entrepôt est le géant du e-commerce Amazon, qui vient répondre à la demande de ses internautes pour la livraison de leurs courses à domicile dans un délai de 2 heures maximum. À la différence de ses compères, ce Monoprix n’a ni façades, ni vitrines et se rend accessible par un long et étroit escalier en ciment. C’est une ville sous la ville qui cohabite avec une trentaine d’autres entreprises, c’est un endroit où il est interdit de prendre des photos…

Un concept qui ne fait pas l’unanimité

Les dark stores constituent une sorte de réponse à la faillite de certaines activités en offrant l’opportunité aux propriétaires de relouer leurs locaux vacants, n’en déplaisent à certains :  « On ne peut que dénoncer ce système de quick commerce (…) Il vient nuire à des TPE qui pourraient s’installer dans ces locaux. » – Kiymet Akpinar, déléguée générale de la Confédération des Commerçants de France. D’un point de vue esthétique, ces dark store sont aussi critiqués : « Cibler les bas d’immeubles peut transformer le visage des villes, car les boutiques font l’animation d’un territoire, elles participent au lien social. »

C’est la capitale qui à ce jour est la plus touchée par ce quick-commerce, ce qui inquiète déjà le maire de Paris ainsi que ses conseillers municipaux : « Ça pose des problèmes d’encombrement de l’espace public, avec les vélos et les scooters, d’éviction des locaux et de concurrence agressive pour le commerce d’hypercentre. ». Cette darkstorisation des villes a amené une problématique considérable autour de l’aménagement des nouvelles boutiques. L’idée étant de faire concurrence au e-commerce et tout faire pour ramener la clientèle vers les boutiques physiques grâce à un aménagement plus attractif, « (…) il n’a jamais été aussi important de magnifier le commerce Jean-Paul Mochet, président des enseignes Monoprix et Franprix.

Ainsi des interrogations se soulèvent quant à l’avenir de ces entrepôts entre retail et logistique urbaine.