Quel avenir pour les centres commerciaux ?

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08/02/2021
Immobilier commercial

 

Entre la crise du coronavirus et l’essor de thématiques écologistes qui leur sont peu favorables, l’avenir des centres commerciaux est incertain.

Une annonce brutale

Une annonce abrupte pour Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du commerce. « Des salariés qui apprennent ce soir, en plein milieu de la période des soldes, que leur magasin sera fermé à partir de dimanche, et sans savoir combien de temps cela va durer ». Alors que les Français sont soulagés de l’absence d’un confinement généralisé, cette annonce sans concertation préalable est un énième coup de massue pour les commerçants qui subissent mesures sur mesures depuis près d’un an. 

Les Français comme de nombreux acteurs économiques s’attendaient à une troisième mise sous cloche de l’Hexagone pour lutter contre la Covid-19. Plutôt qu’un troisième confinement, le gouvernement a annoncé la fermeture des centres commerciaux non alimentaires supérieurs à 20 000 m2 qui favorisent le plus de brassage des populations. Une décision gouvernementale qui, selon l’avocat, Pierre Popesco, est source d’inégalités et va rouvrir le dossier très compliqué des loyers pour les bailleurs et les enseignes qui demandent plus de clarté et de solidarité au gouvernement. 

C’est un sentiment de grande confusion qui semble régner autour des ouvertures et fermetures des galeries commerçantes. Car attention petite subtilité : les grandes surfaces alimentaires installées dans les centres commerciaux restent ouvertes mais sont prises en compte dans le calcul de la surface utile.  

Le malheur des uns…

En revanche, il existe des avantages à cette situation confuse : comme lors du premier confinement, qui a profité aux commerces de centre ville, cette fois-ci encore la fermeture des centres commerciaux profite aux petits commerçants qui ont d’ailleurs exprimé leur soulagement. Cette fermeture, même si dénoncé comme une « mesure gadget » par Jacques Ehrmann, président du Conseil national des centres commerciaux (CNCC) et directeur général chez Altarea Cogedim, tombe au moment avec le moins de conséquences. En effet, février est le mois le plus faible de l’année en fréquentation et en chiffre d’affaires.

Ehrmann se dit aussi surtout « découragé après avoir passé des heures à expliquer au gouvernement que les centres commerciaux de plus de 20 000 mètres carrés sont les mieux équipés en moyens techniques pour faire respecter les jauges. On était même prêts à passer à 1 client tous les 16 mètres carrés contre 1 pour 8 m2 actuellement, et à accepter la fermeture immédiate de tout centre qui serait pris en défaut de ne pas respecter les règles ».

Sur les 835 centres commerciaux que compte la France, la moitié a une surface supérieure à 20 000 m², précise le CNCC. « Souvent l’hypermarché fait déjà 10 000 mètres carrés, explique M. Ehrmann. Et qu’est-ce qui relève de l’alimentaire ? Un chocolatier ? Un caviste ? C’est une réédition de cette ironie des produits essentiels et non essentiels.

En espérant que cette situation finira par se dissiper et disparaître, il faut encore s’attendre à de nouvelles mesures gouvernementales dans les mois à venir pour lutter contre la Covid-19. Mais qui seront les prochains impactés ?