L’impact de la crise sanitaire sur le marché des bureaux en Ile-De-France

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05/01/2021
Marché de l'immobilier

 

Nous y voilà enfin, en 2021.

Après une année 2020 aussi surprenante qu’éprouvante, la pandémie du Covid-19 a eu un lourd impact sur l’immobilier notamment car elle a donné un coup d’accélérateur au télétravail. Cet évènement inouï, que personne n’avait imaginé, a imposé d’un seul coup et à grande échelle une façon différente de vivre et de travailler. L’activité à distance est soudain devenue une réalité majeure, alors qu’elle était une pratique relativement marginale dans le « monde d’avant ».

Les conséquences du télétravail sur le marché des bureaux

Par ricochet, à l’issue de ces deux confinements, le bureau est devenu plus que jamais un lieu d’échanges et de lien social, estiment plusieurs experts. En effet, le temps sur place y est réduit, mais n’en ait pas moins qualitatif au contraire même, on y va pour se retrouver avec ses collègues, et pour avoir un espace de travail plus adapté et agréable que chez soi. 

Cependant et sans surprise, cette crise sanitaire a donné un coup de frein brutal à l’activité sur le marché des bureaux en Ile-de-France.

Ce qu’en pense les professionnels de l’immobilier

L’interruption ayant été quasi totale en avril et mai, puis plus partielle au second confinement, la demande placée, c’est-à-dire l’ensemble des transactions à la location comme à la vente, a fondu au deuxième trimestre 2020, pour atteindre un niveau historiquement bas, selon Cushman & Wakefield.

Soit 197.500 mètres carrés, à comparer à 567.400 m2 sur la même période de 2019, et 560.500 m2 en moyenne sur la dernière décennie.

Le marché des bureaux a connu le troisième trimestre le plus mauvais de ces 20 dernières années. La mise en place du télétravail pour 15 % des salariés, depuis le 15 mars, a fait flamber le taux de vacance (+ 26 % à Paris et + 7 % à la Défense) et drastiquement réduit la demande placée.

Effectivement, des inquiétudes se font en particulier sentir pour le quartier d’affaires de La Défense, où 350.000 m2 disponibles sont attendus dans les six mois, et où le taux de vacance s’affiche pour l’heure autour de 6 %.

« L’offre neuve certaine excède d’ores et déjà trois années de demande placée moyenne d’avant Covid-19 », alertait de son côté le cabinet Deloitte il y a quelques mois. Si les tours modernes bientôt livrées comme Alto, Trinity ou Lanscape, ont des chances de trouver preneurs, les tours d’ancienne génération, moins modernes et moins fonctionnelles, pourraient être boudées par les entreprises.

La banque internationale de financement Natixis s’est elle aussi penché sur la question et estime que le télétravail pourrait vider, à l’horizon 2030, 11 millions de m2 de bureaux, soit 20 % du parc en Île-de-France. Mais le facteur de dédensification devrait compenser à hauteur de 80 % l’impact du télétravail sur l’immobilier de bureau.

Dans son étude de cas, l’équipe Recherche de Natixis prend pour hypothèse une augmentation significative du télétravail, qui pourrait concerner 45 % des entreprises à fin 2021 à raison de deux jours de travail en distanciel par semaine et par collaborateur. Dans ce scénario, le télétravail augmenterait de 400 000 m2 la vacance de bureaux en Île-de-France d’ici fin 2021.

A quoi ressemblera le marché des bureaux demain ?

Bien qu’on ne puisse affirmer quel sera l’avenir des bureaux dans les années à venir, le « tout télétravail » n’est pas l’avenir pour certains.

Le « tout chez soi » est très loin d’être souhaité par bien des salariés. Pour des raisons très diverses selon les hommes ou les femmes à qui l’on pose la question.

Aujourd’hui l’économie est sous le choc. Entre les faillites d’entreprises et les licenciements d’une part, les efforts de grande ampleur des gouvernements et des banques centrales d’autre part, il est difficile d’anticiper le déroulement exact de la reprise. Difficile de savoir où nous en serons exactement dans six mois, un an, deux ans.

Une chose est sûre : il ne faut pas baisser les bras et croire en l’avenir, mais il faut surtout apprendre de cette crise sanitaire et économique et aller de l’avant !