L’affrontement entre les bailleurs et les commerçants sur le paiement des loyers

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09/03/2021
Prospection immobilière

430 millions d’euros de loyer ont été abandonnés ou reportés pour les commerçants 

Les commerces non alimentaires ont subi une fermeture administrative pendant trois mois et les restaurants durant 5 mois au début de l’année 2020. Celle-ci à engendrer un manque à gagner énorme. Ces enseignes ont perdu leur capacité à payer le loyer. Cette charge pèse 20% du chiffre d’affaires dans les boutiques de vêtements et 10% pour la restauration. 

430 millions d’euros, c’est le montant des abandons et reports de loyers depuis le début de l’année, affirme la fédération des sociétés immobilières et foncières. Jacques Ehrmann, président du Centre national des centres commerciaux (CNCC), précise : « Entre ces abandons et les impayés assez massifs du troisième trimestre, le manque à gagner atteint entre un quart et un tiers du chiffre d’affaires des foncières. C’est gigantesque ».

Une situation qui est loin d’être résolue 

Afin d’éviter l’affrontement, entre les locataires et les bailleurs du premier confinement, des négociations ont été engagées. Dans 70% des cas, elles ont abouti, avec une résolution imminente dans 20% des cas. Il reste 10 % des dossiers, pour lesquels, la situation est inextricable.
De plus, 55% des cafés et restaurants n’ont pas obtenu d’aides de leurs bailleurs et la moitié ne sont pas à jour dans le paiement de leurs loyers, selon le groupement national des indépendants de l’hôtellerie et de la restauration.


La solution mise en place par l’État

Le gouvernement a mise en place un nouveau dispositif sur la question des loyers pour éviter de nouvelles querelles entre les commerçants et leurs bailleurs : le crédit d’impôt de 50%. Bailleurs et fédérations de commerçants ont salué cette mesure à Bercy.
Les propriétaires qui renoncent à un mois de loyer en novembre bénéficieront d’une remise fiscale de 50%. Cette mesure est valable pour les commerces de moins de 250 salariés ayant dû fermer leurs portes. Les loyers peuvent être annulés pour les locataires de moins de 250 salariés ou les bailleurs peuvent procéder à une remise pour leurs locataires de plus de 250 salariés. Au-delà de 5000 employés, le ministre de l’économie ne propose rien. Les enseignes devront négocier avec les foncières. 

Ces mesures ne suffiront pas pour régler le problème. “Cela n’arrange rien pour les commerces restés ouverts, dont les chiffres d’affaires actuels sont faibles. », Emmanuel Le Roch.