Déconfinement, quelle reprise pour le marché immobilier ?

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10/06/2020
Marché de l'immobilier

Où en est on ?

Un mois après la fin du confinement, les professionnels de l’immobilier retrouvent des couleurs. Et pour cause, le marché immobilier en ce début de mois de juin, affiche un niveau d’activité quasi-identique à celui qu’il connaissait l’année dernière à la même époque. Autre signe, le nombre de nouvelles annonces a lui aussi augmenté depuis le déconfinement, pour dépasser légèrement celui de début mars. Les projets débutés avant la crise du COVID-19 restent donc toujours d’actualité !

Évolution du prix des transactions

Si pour parler de reprise ou de krach il faudra attendre quelques mois, les premiers chiffres nous permettent tout de même d’affirmer que le marché de l’habitation n’est pas en train de s’effondrer. Nous sommes cependant loin du phénomène de hausse généralisée que nous avions pu constater dans la capitale et dans les grandes villes de France depuis le début de l’année. Les prix observés au cours du mois de mai résultent de négociations actées avant le début du confinement et ayant donné lieu à une signature définitive dans les premiers jours suivant la fin de ce dernier. Difficile donc de dégager de ces chiffres une tendance significative pour le long terme. A voir ce que cela donne dans les mois à venir !

Evolution des prix au 1er juin 2020 : 

  • Lyon : +0,6% à 4905€ m2
  • Toulouse : +0,6% à 3340€ m2
  • Lille : +0,4% à 3064€ m2
  • Strasbourg : +0,3% à 2958€ m2
  • Marseille : +0,1% à 2989€ m2
  • Bordeaux : -0,1% à 4368 m2
  • Montpellier : -0,2% à 2285€ m2
  • Rennes : -0,5% à 3326€ m2

 

Rebond technique ou reprise ?

Tout le monde se pose la question. Est-ce que nous sommes sur un rebond lié aux ventes enclenchées avant le confinement ou sur une reprise plus durable du marché ? En terme d’Indice de Tension immobilière (ITI), il existe toujours un surplus de demande par rapport à l’offre. Il est possible que cela évolue avec les plans sociaux pour beaucoup de sociétés qui risquent de découler de cette crise sanitaire. Il est donc fort à parier que les candidats à la propriété soient plus attentistes dans les mois à venir.

 La récession à venir (l’INSEE a prévu une chute du PIB de 20%), malgré la reprise d’activité, devrait influencer fortement  la confiance des ménages comme des entreprises. L’augmentation du chômage (+1 million de demandeurs d’emploi de catégorie A en 3 mois), va mathématiquement peser sur le marché immobilier d’ici l’automne.

D’autre part, les banques risquent de durcir leurs conditions d’octroi des crédits dans les semaines à venir. Si les taux d’emprunt ne devraient pas augmenter significativement, les banques devraient continuer à offrir des conditions de financement et un pouvoir d’achat important aux acquéreurs parvenant à sécuriser leur financement.

 

Pour conclure, dans ce contexte d’incertitude, il reste donc beaucoup de questions portant sur les fondamentaux du marché de l’immobilier. Si le marché immobilier d’habitation ne s’est pas effondré à l’issue du confinement, beaucoup d’éléments montrent qu’il serait naïf de penser que la France sortira parfaitement indemne de la crise économique qui s’annonce…